Vous pensez (beaucoup) trop ? Connaissez – vous la surefficience mentale ?

Vous avez tendance à pensez beaucoup (trop) ? Vos pensées partent-elles en arborescence ? Aussi, vous êtes particulièrement sensible aux bruits et odeurs environnants ? Il se pourrait alors que vous soyez … ‘surefficient’. Je m’explique…

Cela faisait quelques années que j’entendais parler, via mon amie Sandra Stallaert (qui est entre autres médecin, homéopathe & nutritionniste), de Christelle PetitCollin et de ses ouvrages.

Celle-ci a enfin réussi à la faire venir l’année passée à l’Ile Maurice pour une série de conférences et de workshops. Je me suis donc, principalement pour la soutenir dans cette belle démarche, rendue à la conférence.

A la conférence…

La salle est comble, il semble que le sujet ait fait mouche !
La conférence intitulée ‘Je pense trop’ démarre…

Au bout de quelques minutes, je réalise que cela me ´parle’ à fond !? J’en suis perplexe… Je me reconnais en effet quasiment trait pour trait dans la description d’introduction de la conférencière :

Que décrit-elle ?

… une pensée foisonnante qui part en arborescence plutôt qu’en mode linéaire comme la plupart des gens  (à savoir une idée qui en engendre une autre puis une autre… et qui ne vous laisse jamais de répit) ; des sens très (trop ?) développés (odorat, ouïe, ..) ; un état de vigilance permanent,  prêt à capter le moindre détail que les autres ne remarquent même pas ; une sensibilité exacerbée… et j’en passe ! 

Moi surefficiente ? Je déteste, d’entrée de jeu ce terme associé souvent à ‘surdoué’ et toutes les connotations négatives qui en découlent. Mais en fait cela n’est pas vraiment cela… elle décrit simplement des gens qui pensent différemment.

Comment cela fonctionne ?

Plus concrètement,  elle décrit des personnes qui utilisent plus l’ hémisphère droit de leur cerveau (à des degrés divers allant jusqu’à l’autisme !) que leur hémisphère gauche.  En d’autres mots, la surefficience s’apparente plutôt à une intelligence émotionnelle supérieure à la moyenne et non à un QI élevé, cela me ‘parle’ déjà un peu plus ;).

L’hémisphère gauche :

L’hémisphère gauche du cerveau est en effet associé à la logique, au langage et à la pensée analytique. Il excelle dans la catégorisation des choses, l’abstraction, la lecture, l’écriture,  la parole, et les mathématiques. Le mode de pensée est linéaire, chaque chose est placée selon un certain ordre, de façon séquentielle. 

L’hémisphère droit :

L’hémisphère droit quant à lui excelle dans tout ce qui est visuel, spacial, perceptions et intuition. La pensée est non linéaire et non séquentielle et son traitement rapide. Il analyse les choses de manière globale et détermine les relations spaciales entre elles. Il ne s’occupe pas de trier les choses mais se complait plutôt dans la complexité,  les paradoxes et l’ambiguïté. Cette pensée est ainsi difficile à décrire de par sa complexité, sa manière de traiter rapidement les informations et son aspect non-verbal. Cet hémisphère est associé au monde de la créativité. 

En quoi nous sert (ou dessert )-t-elle ?

La conférencière décrit cette surefficience mentale comme une chance, jusqu’à un certain point (il faut dire qu’elle s’occupe de patients qui à priori n’arrivent plus à la gérer).

En effet, elle est utile pour collecter des informations sur le monde qui nous entoure grâce à un état d’éveil et une curiosité accrue sur notre environnement mais peut nous prendre beaucoup d’énergie. 

Mise en situation :

Elle évoque pour illustrer cela un exemple, qui m’a personnellement beaucoup ‘parlé’…

Elle raconte ce à quoi nous sommes confrontés lors d’une simple sortie au restaurant : les bruits ou le brouhaha qui nous entourent, ce que disent les personnes à la table d’à côté, d’éventuels  bruits répétitifs de machine ou autre (auxquels personne ne fait attention mais auxquels on peut échapper – et qui peuvent même tout à coup nous faire péter un plomb), des odeurs bien présentes, la température et l’air ambiant (trop chaud, trop moite, trop sec ou trop électrique),  une lumière trop forte… Ce sont autant d’éléments qui vont avoir un impact fort sur nous (à contrario de pas mal de personnes qui pourront aisément faire abstraction de tous ceux –ci !). L’expérience peut s’avérer donc au final éreintante… 

Les difficultés :

Cette hyperesthésie (ou sens décuplés) a de positif qu’elle nous donne accès à une volupté sensorielle exceptionnelle et une grande empathie. Le revers de la médaille étant la difficulté à ‘débrancher’. En effet, il est quasiment impossible de couper son système sensoriel et ce mental envahissant. Cette hyper sensibilité nous fait donc vivre les évènements de notre vie avec une grande intensité. Tous nos sens étant décuplés (cela fait partie de notre charme j’imagine;). 

Mettre du bon grain dans ce moulin…

La conférencière utilise, pour décrire le fonctionnement de notre cerveau, la métaphore du moulin. Notre système de pensée serait comme un moulin, il peut tourner et, doit même idéalement, mouliner à plein régime (sous peine de déprime ou de ressasser du vide). Il faut seulement lui donner du bon grain à moudre ! Elle conseille de l’’alimenter’ donc constamment d’apprentissages, de projets et défis à relever. De nature curieuse, nous ne serions jamais plus heureux ou plus performants que quand nous avons plusieurs réalisations à mener de front. Concrètement, il  faudrait donc accepter cette nature plutôt que de vouloir en changer ou la renier avec ce qu’elle appelle le ‘faux self’ (une personnalité que l’on se construit pour rentrer dans la norme). 

Que faire pour gérer au mieux cette hypersensibilité ? 

Quelques pistes… 

  • Faire des activités nécessitant concentration et précision (lire, écrire, reprendre des études, effectuer des tâches comme la cuisine ou le bricolage… moi j’ai choisi le blog 😉
  • S’adonner à des activités artistiques (dessin, collage, argile, danse, musique)
  • Faire du sport pour évacuer 
  • Pratiquer certaines activités qui permettent au cerveau droit de canaliser son émotivité et d’apaiser le bouillonnement cérébral telles que de la méditation, du Qi Gong, du tai-chi, yoga, etc (je suis sur la bonne voix pratiquant déjà quelques unes de ces activités 😉

Le bilan : 

Peut-être vous reconnaîtrez- vous dans les quelques lignes énoncées. Si c’est le cas, je vous invite à lire les ouvrages de la conférencière Christelle Petit Collin, ‘Je pense trop’ et ‘Je pense mieux’ pour en savoir plus ! Alors bonne nouvelle pour celles et ceux qui vivent à Maurice, elle sera là en octobre 2019 pour 2 conférences et 3 workshops  à l’occasion de la sortie de son nouveau livre ‘Mon Enfant Pense Trop’. Elle organise aussi de nombreuses conférences de part le monde.

J’ai personnellement trouvé cela très intéressant. Déjà de comprendre ce mode de fonctionnement (jusqu’ alors je n’en n’avais jamais entendu parler). Il est rassurant aussi de savoir que nous sommes nombreux à fonctionner comme cela.

Cela a carrément changé la perception que j’ai de ma personnalité et a boosté ma confiance en moi et en mes capacités. Ce que j’avais évalué jusqu’alors comme une faiblesse (trop émotive, sensible ect) m’apparaît maintenant comme une force. Cela m’aide aussi à moins juger les personnes qui ne fonctionnent pas comme moi (celles donc qui utilisent plus l’hémisphère gauche de leur cerveau). Enfin, je  vois en elles maintenant des personnes différentes (non supérieures) qui me complètent et  m’équilibrent tel le yin et le yang ;). 

Cet article vous a-t’-il intéressé ? Vous reconnaissez – vous dans ces caractéristiques ? Alors, n’hésitez pas à laisser vos commentaires et partager votre vécu ci-dessous !

 

Originally posted 2019-03-12 17:53:29.